Xavier NIEL, récidiviste de l'infox concernant son réseau mobile ?

Xavier NIEL se fait souvent remarquer par ses déclarations pour le moins "approximatives".

Petit recensement des meilleures...

Une marge à 50%, y compris sur le forfait à 0/2€ ?

Pendant le grand raout qui a accompagné le lancement de l'offre mobile, le petit forfait (2€ pour les nouveaux clients, 0€ pour les clients box) a fait le maximum pour dénigrer les concurrents. Xavier NIEL a donc appuyé sur la comparaison, opposant son petit forfait aux forfaits "sociaux" de ses concurrents.

Sources :

ITW BFM Business janvier 2012 17'47

journaliste : "1h 60sms ça vaut 2€, le taux de marge il est de combien ?"

Niel : "chez Free on pratique généralement un taux de marge de 50%")

"On refait le Mac" spécial Free Mobile 14 janvier 2012 37'20

Niel (à propos de la marge) "quelques dizaines de %"

Comment peut-on décemment oser affirmer réaliser autant de marge sur ce forfait ? Même sur la tarification de 2€ (ne parlons même pas de la tarification à 0€, certainement majoritaire étant donné l'effet d'aubaine pour équiper les jeunes enfants, les systèmes d'alarme...), il va de soi qu'il faut oublier pas mal d'éléments, ne serait-ce que les frais fixes de gestion, et surtout l'itinérance, pour dégager la moindre marge.

Le but était de réaliser le maximum de buzz, de traiter les concurrents de voleurs, et de recruter un maximum de clients pour impressionner les marchés, tout en s'abstenant de communiquer sur la répartition forfait 16/20€ forfait 0/2€ autrement que vaguement. Et sans marge.

 

Un réseau complet pour 1 milliard ?

Source :

ITW BFM Business janvier 2012 1'15

Niel : "le déploiement du réseau qui nous permet de tenir 10 millions de clients, il coûte 1 milliard y compris les fréquences et les licences"

journaliste : "sur 25% du territoire, on est d'accord ?"

Niel : "non, sur 100% du terr... sur 95% du territoire"

Beaucoup avaient hurlé à la désinformation à l'époque mais Niel et les fanboys de l'opérateur s'étaient contentés de déclarations péremptoires (ah la masse salariale chez Orange, oh les dividendes, rooh les systèmes d'information mal conçus, bouh les réseaux pas modernes...).

Niel n'a-t-il pas le sens du ridicule quand il en fait des tonnes, 7 ans après, sur le thème "nous avons donné des milliards à une poubelle"... en se contredisant lui-même ?

Source :

Capital Markets days mai 2019 6'30

Niel : "ces dernières années on a investi de manière colossale pour gagner notre indépendance, pour sortir notamment de notre contrat de roaming,
le contrat de roaming, on a donné des milliards d'euros pour en bénéficier,
ces milliards d'euros, c'est des milliards d'euros que l'on a donnés à une poubelle,
ça nous sert à rien, c'est pas des investissements qui nous restent au bout,
c'est fantastique, sans eux on n'aurait pas pu exister mais c'est de l'argent qu'on a donné, à des tiers, on a fait la fortune d'autres,
tant mieux, tant mieux pour eux, ça nous a permis d'exister, mais c'est de l'argent perdu,
donc l'idée a été de dire "il faut qu'on sorte le plus vite possible de ce contrat de roaming", ça veut dire déployer notre propre réseau, et c'est ce que l'on a fait
[...]
sur le dégroupage, ça a été la même chose"

Autrement dit, Niel ne parle que du réseau mobile, et indique que le coût du contrat d'itinérance avec Orange lui a coûté des milliards d'euros.

Comment peut-on décemment, en 2012, affirmer qu'un réseau complet ("super moderne") ne coûte que 1 milliard (y compris les licences) et plus tard qu'on a réussi à gaspiller plusieurs milliards uniquement dans le contrat d'itinérance avec Orange, destiné à suppléer le réseau propre en cas de forte charge (quand on offre 3Go à ses clients sur le thème "les concurrents sont des voleurs" mais qu'on n'a pas les capacités d'écoulement en rapport ? Donc qu'on n'a pas suffisamment investi ?) ou quand on ne couvre pas assez le territoire (donc qu'on n'a commencé à déployer qu'in extremis, pour respecter les obligations de couverture de la licence, sans anticiper ?) ?

Visiblement, les dizaines de % de marge fièrement annoncés en 2012 ne devaient pas tenir compte d'un certain nombre d'éléments, dont probablement le coût de l'itinérance (un détail, certainement !), et il s'avère en définitive que ces offres étaient un gouffre financier, en réalité vendues à perte... ce qui n'est pas condamnable en soi dans le secteur des services mais... ne devrait pas autoriser à qualifier les concurrents, positionnés aux vrais prix, eux, de "voleurs" !

 

Une couverture 4G de 50% du territoire en 2013, vraiment ?

Source :

ITW Radio Classique avril 2013 à partir de 7'47

7'47 Niel : "chacune des antennes posées intègre la 4G sur la même fréquence que celles déployées par [les] concurrents"

8'09 journaliste : "quelle est la proportion du TERRITOIRE" couverte par Free" (le sujet était la 4G)
Niel : "une cinquantaine de %" (nous sommes en avril 2013 !!!)
journaliste : "donc la moitié du TERRITOIRE couverte en 4G aujourd'hui chez Free Mobile"
Rectifications :
Chacune des antennes posées :
  • n'intègre pas systématiquement la 4G, il suffit de consulter les autorisations de l'ANFR ou d'avoir visité des sites Free mobile à l'époque pour le savoir.
  • n'utilise pas les mêmes fréquences que les concurrents, car Free :
    • ne dispose à ce moment que de la bande 2600MHz, adaptée aux zones urbaines (et encore, avec des qualités de pénétration très médiocres, ce qui nécessite une densité élevée tout en ne permettant pas de couvrir tous les bâtiments),
    • n'aura accès à la bande 1800MHz qu'en 2015 (et mettra plus de 4 ans à la généraliser sur son réseau),
    • ne dispose pas des fréquences "en or" (pour la couverture) à 800MHz, ayant fait une quasi impasse sur les enchères.
  • et au final ne permet à cette date qu'une couverture de 50% environ de la population (et pas du territoire !), en 3G et sur la fréquence 900MHz, qui nécessite 6 fois moins de relais qu'en 2600MHz pour une même surface (!). Donc pas en 4G et pas sur 50% du territoire...

 

En définitive, Niel serait-il un entrepreneur approximatif (oubliant quelques milliards dans ses équations, confondant taux de couverture de la population et du territoire, ne connaissant pas ses fréquences sur le bout des doigts) ? Ou populiste (nos concurrents sont des voleurs, vous êtes des pigeons si vous restez chez eux, ils vous offrent de la 4G "fausse monnaie") ?

Petit addendum sur cette notion de "fausse monnaie". En avril 2016 par exemple, le site "4G Monitor" indiquait, dans la section "distribution des débits 4G", que Free proposait 4% de tests "KO", 30% de tests < 2 mégas et 26% compris entre 2 et 10 Mb/s. Ce qui représentait 60% de cas où la 4G n'était présente sur les sites que pour l'affichage ? Beaucoup plus que chez les 3 concurrents. La réalité est cruelle...

A chacun de se faire son avis...

 

 


Accès direct aux principales ITW citées dans l'article :

BFM business - janvier 2012.mp4

Radio classique - avril 2013.mp4

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