Les fréquences attribuées aux opérateurs mobiles

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Faisons le point sur les fréquences attribuées aux opérateurs mobiles à mi-2018.

Pour déployer leur réseau, les opérateurs ont le choix entre des fréquences de qualités intrinsèques variées, qui leur ont été attribuées dans des quantités variables et pour une certaine durée, parfois à l'issue d'un système d'enchères.

On distingue généralement :

  • les "fréquences en or", situées sous le GHz (donc les bandes 700, 800 et 900),
  • les fréquences intermédiaires, comme la bande 1800 (et la 1500, à venir),
  • les fréquences hautes (2100, 2600 et plus).

Les fréquences les plus basses ont pour caractéristique de porter loin et de bien traverser les obstacles (pour simplifier, disons que l'atténuation reste limitée lorsque l'obstacle est d'une épaisseur inférieure à la longueur d'onde, soit une trentaine de cm pour les fréquences en or), ce qui constitue un gros avantage pour couvrir à moindres frais une zone étendue et permettre la couverture à l'intérieur des bâtiments. Elles sont donc particulièrement prisées et lors des enchères sur la LTE 800, il a fallu jusqu'à 1 milliard, hors redevances annuelles, à chacun des 3 opérateurs Bouygues Orange et SFR pour décrocher une licence sur 20 ans en 2012.

Plus l'on monte en fréquence, moins les ondes traversent les obstacles et portent loin, ce qui ne leur enlève pas tout attrait, à condition de se situer en zones urbaines et de déployer un réseau avec une densité suffisante. En effet, elles sont plus abondantes (et donc moins onéreuses en cas d'enchères). La petite taille des cellules permet de réduire les interférences entre relais et de proposer des débits élevés plus aisément.

La bande 1800 se situe à la frontière entre les 2 mondes des basses et hautes fréquences et réalise un bon compromis entre couverture et débits. Elle a été l'une des plus employées au début des déploiements en 4G... et a permis à Bouygues de réaliser un coup de maître.


Bande des 700 MHz

C'est la dernière bande attribuée en téléphonie mobile (décembre 2015). Sa particularité est qu'elle était dévolue à la TNT et qu'elle sera libérée progressivement pour la téléphonie mobile jusqu'à mi-2019.

Sa deuxième particularité est que sa normalisation est assez récente et que nombre de terminaux mobiles du parc ou encore de routeurs 4G ne la supportent pas.

Les 3 opérateurs mobiles historiques qui avaient cassé leur tirelire pour la LTE 800 et n'en avaient pas besoin avant 2020 selon leurs contributions ne se donc pas bousculés (sauf Orange qui a davantage d'appétence étant donné son parc de clients), ce qui donne donc les attributions suivantes :

  • Free 10MHz
  • Orange 10MHz
  • Bouygues 5MHz
  • SFR 5MHz

Bande des 800 MHz

C'est donc la bande de choix pour couvrir "large" et "profond", comme expliqué plus haut. De plus, après une petite série de terminaux chinois non compatibles (le premier One+ par exemple), la grande majorité du parc de mobiles la supporte.

Grosse erreur stratégique de Free à mon humble avis, qui avait un réseau à déployer de A à Z et besoin de ces fréquences qualitatives, et a fait l'impasse (en ne proposant qu'une offre très éloignée de l'enchère qui lui aurait permis d'obtenir ne serait-ce que 5 MHz puisque 4 lots étaient disponibles, 2 de 10 et 2 de 5 MHz).

Les attributions sont les suivantes :

  • Bouygues 10 MHz
  • Orange 10 MHz
  • SFR 10 MHz (les 2 lots de 5)

Bande des 900 MHz

C'est la première bande attribuée à la 2G, les attributions sont les suivantes :

  • Orange 10 MHz
  • SFR 10 MHz
  • Bouygues 9,8 MHz
  • Free 5 MHz

Comme nous l'avons vu dans l'article relatif à l'analyseur de spectre, les 3 opérateurs historiques ont scindé leur attribution en 5MHz pour constituer une porteuse 3G en conservant le reste pour leurs obligations en 2G. On a donc ici la seule égalité entre les 4 opérateurs avec 5 Mhz en 3G.

Bande des 1800 MHz

Deuxième bande disponible en 2G, elle n'est plus que marginalement utilisée par les 3 opérateurs historiques dans cette norme. Le premier à avoir réalisé la bascule 2G->4G est donc Bouygues, mais le mouvement est désormais général tant les besoins sont importants en LTE pour écouler le trafic. On trouve de plus en plus de zones où les 3 historiques ont la totalité de leur bande 1800 en LTE.

Les attributions sont les suivantes :

  • Bouygues 20 MHz
  • Orange 20 MHz
  • SFR 20 MHz
  • Free 15 Mhz

Bande des 2100 MHz

C'est la bande sur laquelle il y a eu le plus de remous. 4 licences de 15 MHz (14,8 précisément) étaient disponibles pour la 3G, dont 2 souscrites dans un premier temps par Orange et SFR, et la 3e plus tard par Bouygues.

L'attribution de la 4e licence a été encore plus rocambolesque, peu de candidats s'étant manifestés au départ, le plus "sérieux" étant au final Free... mais avec une tentative initiale de payer moins cher que ses 3 futurs concurrents. En définitive, il réussira à payer 3 fois moins cher environ... mais pour 1/3 de licence seulement. Les 10 MHz orphelins feront l'objet d'un ultime processus de candidatures auquel répondront Orange et SFR.

Les attributions sont donc les suivantes (je néglige les 5 MHz en mode TDD actuellement inutilisés) :

  • Orange 19,8 MHz
  • SFR 19,8 MHz
  • Bouygues 14,8 MHz
  • Free 5 MHz

Cette bande est désormais également un bon complément pour la LTE, les 3 opérateurs historiques étant en cours de bascule d'une partie de leurs fréquences, pour ne conserver vraisemblablement que 5 MHz pour la 3G... voire rien du tout si les 5 MHz en 900 suffisent pour le trafic résiduel (voix et un peu de data).

Free paie par contre son pari de départ (obtenir une licence complète à prix cassé) en n'ayant aucun MHz à consacrer à la LTE dans cette bande.

2 erreurs flagrantes au final, en LTE 800 et dans cette bande 2100.

Bande des 2600 MHz

Il s'agit de la première bande attribuée (décembre 2011) dans le cadre du déploiement de la 4G.

Les attributions sont les suivantes :

  • Free 20 MHz
  • Orange 20 MHz
  • Bouygues 15 Mhz
  • SFR 15 MHz

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